{"id":203,"date":"2022-06-22T14:11:13","date_gmt":"2022-06-22T14:11:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/?page_id=203"},"modified":"2024-05-25T15:24:51","modified_gmt":"2024-05-25T15:24:51","slug":"thierry-carrier","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/thierry-carrier\/","title":{"rendered":"THIERRY CARRIER"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:30px\"><strong><em>La marche des parall\u00e8les<\/em><\/strong> &#8211; du 27 juin au 27 ao\u00fbt 2023<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9 en 1973, Thierry Carrier fait un bref passage \u00e0 l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Etabli \u00e0 Souillac, dans le Lot, il se consacre \u00e0 la peinture depuis plus de vingt ans. Il expose r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Paris, Lille, Lyon, Toulouse, Munich et b\u00e9n\u00e9ficie de nombreuses expositions institutionnelles.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"824\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/affiche-carrier-824x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-514\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/affiche-carrier-824x1024.jpg 824w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/affiche-carrier-242x300.jpg 242w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/affiche-carrier-768x954.jpg 768w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/affiche-carrier.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses toiles, sans titres, sont cod\u00e9es et repr\u00e9sentent le plus souvent des sc\u00e8nes improbables, voire irr\u00e9elles\u2026 Ses personnages, hommes, femmes, enfants, semblent suspendus dans un environnement minimaliste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019on retrouve des personnages emprunts de r\u00e9alisme dont certains partagent notamment les traits de son visage, l\u2019artiste cherche \u00e0 s\u2019affranchir de l\u2019attention port\u00e9e aux caract\u00e9ristiques physiques du sujet trait\u00e9. Les postures immobiles et les regards neutres, absents ou masqu\u00e9s de ses personnages d\u00e9gagent un sentiment de myst\u00e8re encore amplifi\u00e9 par les fonds \u201cflout\u00e9s\u201d, quasi abstraits.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s lors, l\u2019oeuvre dirige notre attention, non plus sur l\u2019aspect physique du sujet, mais sur l\u2019atmosph\u00e8re qui impr\u00e8gne la toile. Le temps s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9.&nbsp;La peinture de Thierry Carrier est \u00e9nigmatique, sensible et profonde. Silencieuse \u00e9galement\u2026 L\u2019artiste en parle en ces termes : \u201cOn se retrouve devant diff\u00e9rentes mises en situation d\u2019un \u00e9tat, un monde de silence, une representation d\u00e9pouill\u00e9e de l\u2019Homme, un \u00eatre en suspens et insondable, une peinture refl\u00e9tant ma propre aspiration au silence.\u201d<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"466\" height=\"568\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-515\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier1.jpg 466w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier1-246x300.jpg 246w\" sizes=\"auto, (max-width: 466px) 100vw, 466px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"461\" height=\"562\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-516\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier2.jpg 461w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier2-246x300.jpg 246w\" sizes=\"auto, (max-width: 461px) 100vw, 461px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Chaque chapitre marquant l&rsquo;existence, qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le une maladresse r\u00e9currente, une timidit\u00e9, ou ce complexe d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 qui trop souvent nous porte \u00e0 croire que nous pourrions avoir notre place nulle part, peut nous transporter vers la lumi\u00e8re.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>J&rsquo;ai 4 ou 5 ans, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole maternelle de Souillac, petite commune du Lot (46). J&rsquo;ai 48 ans aujourd\u2019hui et je m&rsquo;en souviens comme si c&rsquo;\u00e9tait hier. Premi\u00e8re sensation de ce complexe d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9, premi\u00e8re \u00e9tape inconsciente de ma construction d&rsquo;artiste. Je peins un d\u00e9cor avec d&rsquo;autres \u00e9l\u00e8ves, un ch\u00e2teau pour le spectacle de fin d&rsquo;ann\u00e9e je crois. Un autre groupe travaille sur la confection de coussins. Je plonge mon pinceau dans le pot et j&rsquo;applique un peu trop violemment la peinture, de petites gouttes de couleurs (chatoyantes) se retrouvent projet\u00e9es sur les autres \u00e9l\u00e8ves, tachant au passage leurs coussins. R\u00e9sultat, Je prends une gifle par la ma\u00eetresse. Et oui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque on a le droit de frapper des enfants. Sentiment de honte&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Voil\u00e0 un des nombreux chapitres qui ont fini par m&rsquo;installer hors des clous. Peur de mal faire, peur de dire des conneries&#8230; La d\u00e9couverte de la peinture s\u2019assortit par la suite de sensations nouvelles et douces : je r\u00e9alise qu\u2019en partant d&rsquo;un gribouillis, l&rsquo;image se r\u00e9v\u00e8le. Je suis adolescent, je ne sais pas ce que je peins mais je sais que \u00e7a me fait du bien. Se retrouver seul, enferm\u00e9, ne me semble plus \u00eatre un signe de faiblesse pour \u00e9chapper au monde. L&rsquo;atelier devient un espace de libert\u00e9 totale, o\u00f9 je ne risque pas de prendre une gifle par une ma\u00eetresse acari\u00e2tre. Paradoxalement, de cet enferment d\u00e9coule une ouverture sur le monde.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Que c&rsquo;est bon de se tacher&nbsp;! Que c&rsquo;est bon d&rsquo;\u00eatre qui on est avec cette douce sensation d&rsquo;accepter de l&rsquo;\u00eatre ! Retour en arri\u00e8re&nbsp;: 1990, lyc\u00e9e \u00e0 Aurillac (15). Ma prof d&rsquo;expression plastique nous pr\u00e9sente dans la salle de projection&nbsp;Les Ailes du d\u00e9sir&nbsp;(1987), d&rsquo;un r\u00e9alisateur que je ne connais pas encore, Wim Wenders.&nbsp;L&rsquo;histoire de Damiel et Cassiel, anges&nbsp;invisibles et immortels, qui scrutent&nbsp;Berlin&nbsp;et errent parmis les humains jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 l&rsquo;un d&rsquo;entre eux s&rsquo;\u00e9prend d&rsquo;une belle et solitaire trap\u00e9ziste, Marion, et renonce \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9 afin de go\u00fbter aux plaisirs sensoriels de la vie humaine.&nbsp;Je sors de cette projection avec l&rsquo;intime conviction que mon travail sera celui-l\u00e0&nbsp;: une recherche visuelle portant sur l&rsquo;humain, l&rsquo;introspection de l&rsquo;\u00eatre, celle de mon \u00eatre o\u00f9 atteindre les cieux se passera bel et bien sur terre, en oeuvrant pour l&rsquo;amour de l&rsquo;autre, pour l&rsquo;amour d&rsquo;une autre et surtout pour l&rsquo;amour de moi-m\u00eame.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Viennent ensuite les Beaux-arts \u00e0 Toulouse (31), v\u00e9ritable d\u00e9sillusion. Dans les ann\u00e9es 2000 je travaille au Frac d&rsquo;Auvergne \u00e0 Clermont-Ferrand (63), exp\u00e9rience enrichissante. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;art est l\u00e0 pour transcender le r\u00e9el dans ce qu&rsquo;il a de plus vrai. La peinture n&rsquo;est qu&rsquo;un m\u00e9dium pour r\u00e9v\u00e9ler cette r\u00e9alit\u00e9, ma r\u00e9alit\u00e9. Les tableaux que l&rsquo;on peut voir lors d&rsquo;une exposition n&rsquo;ont pas plus d&rsquo;importance que de simples galets ramass\u00e9s sur une plage. Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse n&rsquo;est pas le galet mais la plage elle-m\u00eame, avec en ligne de mire un horizon, o\u00f9 l&rsquo;inconnu tient de ce parfait \u00e9quilibre jubilatoire entre le dessous et le dessus. Sur ce fil tendu inatteignable, vers lequel se porte en permanence mon regard et sur lequel je ne marcherai jamais. Mon m\u00e9tier d&rsquo;artiste est un garde-fou&nbsp;: avec lui j&rsquo;aurai toujours le pouvoir de ne pas chuter de part et d&rsquo;autre de cette ligne. Je peins donc je suis et comme je suis, je n&rsquo;aurai jamais la pr\u00e9tention d&rsquo;\u00eatre au-dessus et ferai en sorte de ne jamais tomber en dessous.Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai la chance de vivre de mon travail, en collaboration avec la Galerie Bayart. Et je vis avec une ma\u00eetresse d&rsquo;\u00e9cole. Comme quoi, je ne suis pas rancunier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:15px\">\u2013 Thierry CARRIER<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"570\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-517\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier3.jpg 1010w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier3-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier3-768x433.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1010px) 100vw, 1010px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"983\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-518\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier4.jpg 806w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier4-246x300.jpg 246w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier4-768x937.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"983\" src=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-519\" srcset=\"https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier5.jpg 806w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier5-246x300.jpg 246w, https:\/\/www.galeriedelacascade.com\/site\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/carrier5-768x937.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La marche des parall\u00e8les &#8211; du 27 juin au 27 ao\u00fbt 2023 N\u00e9 en 1973, Thierry Carrier fait un bref passage \u00e0 l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. 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