EXPOSITION À VENIR

“Mais où vont les chemins de traverse“
du 2 mai au 21 juin 2026

Vernissage le vendredi 1er mai 2026

Il existe, entre les routes tracées et les directions que l’on croit devoir suivre, des passages étroits, des bifurcations discrètes, des sentiers incertains qu’on appelle chemins de traverse. Ce sont des espaces de liberté, des zones d’indiscipline, des lignes fugitives où l’on ose dévier. Là où la trajectoire principale se tient droite et assurée, le chemin de traverse hésite, s’écarte, contourne, invente d’autres possibles.

« Mais où vont les chemins de traverse » …cette exposition n’a pas pour but de répondre à la question car le chemin de traverse n’est pas seulement un espace physique : il est aussi mental, émotionnel, politique. Il renvoie à des choix de vie, à des passages en marge, à des refus doux ou radicaux. Il évoque l’audace de quitter le connu comme la fragilité de s’exposer à l’inconnu. Errer devient alors un acte créatif, un moyen de repenser le rapport au territoire, à la peinture, à soi. Cette exposition s’attache au cheminement de chaque artiste, au parcours plutôt qu’au but qui met un point final à la déambulation, à cette liberté vacillante qui naît du pas de côté. Et c’est dans cette respiration que quelque chose arrive : une ouverture, une dérive, une rencontre inattendue. Une autre manière d’habiter le monde.

Dans l’espace d’exposition, chaque œuvre est une invitation à ralentir, à regarder autrement, à accepter de ne pas savoir immédiatement où l’on va. 

Ce sont treize artistes invités pour cette nouvelle exposition thématique.

Anne VALKENBORGH présente ses gravures puissantes et délicates, GUY SOUNILLAC son pointillisme flamboyant, Igor BOYER est là en sérial sérigraphe, Christophe HAZEMANN montre ses grandes photos scrutant le détail des cheminements, JC LEROUX ses peintures savantes et ironiques, Luz SERRANO-VAL peint la mémoire des chemins de l’exil, Jean-Luc FAU ses tableaux cheminant entre transparences et contrastes, Marie-Claude CAVAGNAC ses paysages poétiques et oniriques, PAPILLION le touche à tout installateur qui ne connaît que les chemins « de travers », Pascale PLUMAIL et ses « gouttes » de verre enchantées en suspension, Patrick CAYROU, ses photos architecturées chargées d’émotion, Diabolo BOHEME et sa vidéo vagabonde, et enfin Jules STROMBONI, le local de l’étape avec son atelier de sculpteur sur bois installé au-dessous de la galerie (circuit ultra court !) et à qui nous souhaitons la bienvenue.

Deux chemins se séparaient dans un bois doré ;
Regrettant de ne pouvoir tous deux les emprunter,
Et d’être seul à voyager, je restais là
Et j’en suivis un aussi loin que possible du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, juste comme ça,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qui demandait qu’on la foulât,
Et bien qu’en cet endroit, mon passage
Les eût vraiment laissés à leur semblable état,

Et les deux s’étiraient pareillement ce matin
Sous des feuilles qu’aucun pas n’avait noircies.
Ah, je gardais l’autre pour un jour prochain !
Mais sachant comment nous emmène un chemin,
Je doutais de jamais pouvoir revenir.

Je conterai ceci dans la paix,
Quelque part, d’ici quelque temps :
Deux chemins s’offraient à moi, et là,
J’ai suivi celui qu’on ne prenait pas,

Et j’ai compris toute la différence.

Robert Frost

VALKENBORGH Anne

Les chemins de traverse recueillent la préférence de ceux qui attachent autant, sinon plus, de prix au cheminement et à la démarche qu’à la destination et au but.
La gravure ne serait-elle pas d’ailleurs, un petit peu, comme une voie de traverse au sein du réseau global des arts plastiques ?

Les bords des chemins de traverse des campagnes aveyronnaises me procurent une riche matière première pour l’élaboration de mes projets de gravure.
Ils mettent à ma disposition des répertoires de formes, le plus souvent longilignes, qui s’étirent, se brisent, se tordent, s’enchevêtrent, se fuient, s’entassent, s’empilent, se tressent et se démêlent.
Les « accidents » subis par ces formes se combinent avec une lumière très inégalement distribuée du fait même de la complexité de leurs assemblages et de la disposition de ceux-ci dans l’espace. Un puissant contraste s’établit dès lors entre des parties très éclairées et des zones très sombres. Il confère aux gravures une intense profondeur, à la quelle rendent particulièrement justice les techniques de gravure dites « manière noire » et « aquatinte » que je pratique le plus souvent.

Je prends toute la liberté que je souhaite, par rapport à ce que me fournit la nature, pour faire vivre, dialoguer et danser les formes.
Je fais des zigzags quelque part entre réalisme et abstraction sans m’attarder dans aucune de ces deux auberges.


SOUNILLAC Guy

Né en 1941 dans une famille d’artisans-peintres, attiré dès son enfance par le dessin et la peinture, il canalise ses aspirations par des études artistiques et une vie professionnelle de peintre-décorateur pendant 40 ans. Il retrouve ensuite ses premières sensations artistiques dans la quiétude d’une retraite aveyronnaise.

Nombreuses expositions personnelles et collectives à Toulouse, Paris et divers lieux en Aveyron et ailleurs en Occitanie.

Sociétaire du mouvement « Figuration critique », Paris

Membre fondateur du Pont des Arts à Marcillac-Vallon et de la Galerie de la Cascade à Salles la Source.


BOYER Igor

IGOR BOYER a plus d’une corde à son arc. Il joue de la musique, danse, organise des concerts, fait des frites, le tout avec beaucoup d’humour et de vivacité. Surtout, il dessine tout le temps, sur des carnets, dans la rue, en grand ou petit format, il trace des lignes, pose des points, met de la couleur. Des visages apparaissent, ou des volumes, des paysages urbains et symétriques, parfois de simples formes rappelant un bestiaire abstrait.
Très souvent les dessins passent par son atelier de sérigraphie, ils y prennent une autre dimension, deviennent affiches, pochettes de disques,livres, et même chemises ou rideaux si imprimés sur tissu.
Ses visions géométriques subliment la simplicité, héritier généreux de Sol Lewitt, cousin minimal de Keith Haring, sérigraphe iconoclaste et définitivement punk.

Igor Boyer a choisi de garder comme point d’ancrage l’endroit de son enfance pour construire son travail d’artiste, Villefranche de Rouergue en Aveyron.
Actif sur la scène alternative, il participe á de nombreux projets, d’édition et d’organisation d’événements sonores et performatifs.

Igor jongle à quatre mains.
Entre deux cris d’encre et malgré un avantage serieux, il ne trouve jamais le temps de ranger sa chambre. Le sol y est jonché de formes imprimées, d’objets memoires, et d’encres qui bougent autour de lui pendant son sommeil.

Il appréhende le support magnétique, la fête, l’image imprimée, le disque vinyle, la convivialité commedes moyens pour s’inscrire au monde, comme des véhicules.

Les véhicules d’un art approximatif et singulier.


HAZEMANN Christophe

Né en 1973, vit et travaille en Aveyron

Christophe Hazemann a choisi la photographie pour traduire son identité artistique.

Faisant un pas de côté, son regard « objectif » ne cherche pas à reproduire ni documenter la réalité, il s’évertue à voir le monde comme personne d’autre ne le voit. Ses photographies ne figurent aucun lieu ou objet mais engendre un équilibre entre géométrie et désordre, entre lumière et ombre, entre plein et vide, entre proximité et distance, entre fragment et totalité. Son monde à lui est onirique, étrange, impalpable et que l’on parvient difficilement à saisir ou à embrasser.

Ces photographies issues de la série Ultra terrestre sont à l’échelle de paysage. Les chemins sinueux qui les traversent semblent se perdre dans le néant. la réalité se perd dans l’abstraction, tout concourt à désorienter l’œil du spectateur, qui scrute les images, espérant reconnaître un détail qui le renseignerait sur ce qu’il regarde. Lorsqu’enfin il lâche prise, il s’ouvre à un monde parallèle, propice à l’évasion et à l’introspection.


LEROUX JC

« Mais où vont les chemins de traverse »,
là, tout simplement là.

À nos pieds, à nos yeux, à nos cerveaux, de l’instant
où nous les laissons cheminer librement sans règles,
sans aprioris.

Toutes créations sont des chemins de traverse.
En littérature, en musique, en art,
mais aussi en sport, en politique, en …

La vie est un chemin de traverse qui résiste
aux lois, aux applications, aux savoir-faire,
aux savoir-dire, aux savoir-plaire.

Je ne m’installe pas pour peindre des fleurs,
je m’installe pour peindre
un chemin de traverse de fleurs.


SERRANO-VAL Luz

Fille d’un intellectuel républicain espagnol, Luz a franchi les Pyrénées dans les bras de ses parents lors du déclenchement de la guerre civile, sa famille menacée. Si les souvenirs directs n’existent pas du fait de son très jeune âge, les représentations de l’exil, du départ, des ciels tourmentés, les paysages , prennent forme via les récits entendus dès sa plus tendre enfance et qu’elle semble revivre dans sa chair. 

La peinture de Luz Serrano-Val mêle nostalgie et précipitation, espoir et urgence. Dans sa quête picturale, les visages s’effacent, l’identité se perd, comme la terre natale, dans le flou et l’obscurité des fonds, grignotant ce qui reste de lumière. Subsiste cette dernière, à moins qu’elle n’émerge, celle de la vie, de l’espoir qui pousse en avant, au-delà de l’horizon orageux, valise ou mouchoir à la main. Flottent les souvenirs comme refuge de l’âme et pointe acérée qui force l’artiste à la création inlassable et répétée du thème, cherchant une porte vers l’ailleurs ; pour Luz la direction est prise vers de nouveaux paysages, certainement sur ses propres traces.
Partir, ce peut être rester debout et créer l’obsession de la vie.


FAU Jean-Luc

Prendre les chemins de traverse est consubstantiel de l’activité artistique de ceux qui ne veulent pas suivre les rails posés par d’autres. C’est dans l’atelier et devant la toile que les pistes se dévoilent au fur et à mesure de l’avancée du travail, que toutes les bifurcations se présentent, que les différentes routes s’offrent au choix du moment. Pour utiliser une métaphore routière, si l’artiste suivait les recommandations du GPS, tout le monde prendrait le même chemin…et se serait bien triste.


CAVAGNAC Marie-Claude

Les chemins tracés s’effacent volontiers devant l’imprévu. Ainsi « Les chemins de traverse » n’est pas qu’un thème, c’est une invitation à l’errance et à l’audace. Ma peinture explore des sentiers dérobés, chaque toile raconte un détour nécessaire. J’ai suivi le sentier, parfois « escarpé », de l’instinct.

Mes yeux sont les seuls guides dans ce labyrinthe de couleurs et de formes mouvantes. C’est souvent dans le « pas de côté » que la lumière est la plus authentique, et où le hasard devient intention et se transforme en évidence.

Oser se perdre et se retrouver au détour d’un coup de pinceau.

Enfin, ces chemins célèbrent la marge, la déviation. Le plus beau trajet reste celui que l’on n’a pas encore emprunté.


PAPILLION

Esprit « curieux et ouvert à toutes les expressions sonores et visuelles, dansées et parlées, du monde entier ». C’est vrai mais tout ce qu’il voit et entend il l’intègre dans un univers très personnel illustré à la fois par la batterie de Novel Optic, peinte ou sculptée, les hommages à Manciet ou René Duran, les peintures abstraites, les coups de disqueuse, etc. Dans son univers la musique et l’oeuvre plastique se répondent, s’entrecroisent et se fondent. Cet univers est le fruit d’un long parcours où la fidélité et l’attention aux autres ont joué un rôle primordial. Sa musique maîtrise tout ce qui s’inventa quand nous pensions que tout était possible : Cage, Bério, Riley, Henri et tant d’autres auxquels il mêle les sonnailles des troupeaux non comme un rappel folklorique mais comme la revendication tranquille d’une Occitanie qui l’environne. Son oeuvre plastique par le choix des supports et des éléments (tôles émaillées, outils agricoles, fonds de pots de peinture, poires séchées, colle, plumes, objets ou restes ramassés par terre, etc) et leur mise en forme, est un formidable pied de nez aux avant-gardes passées ou présentes, Il a une inventivité et une dérision que n’avait pas Duchamp et à ce titre il peut tout se permettre. Et il le fait. Et comme un surplus, les émotions et le ressenti affleurent de son oeuvre pour nous la rendre proche.


PLUMAIL Pascale

Du plus loin dont je me souvienne le lien à la nature a toujours déterminé mes choix. Lorsque j’ai eu opportunité de vivre au bord du lac du Salagou je n’ai pas hésité un instant.
Cet environnement m’apporte équilibre et inspiration.

J’aime prendre le temps, regarder, m’émerveiller surtout devant les choses simples que nous avons tendance à oublier par la force de l’habitude.

Dans mon jardin, j’ai pu observer la présence de presque une quarantaine d’espèces d’oiseaux. C’est ce qui a inspiré les créations qui composent cette installation.

J’ai toujours privilégié le petit format dans mon approche artistique.
Une invitation pour le visiteur à ralentir, contempler, à renouer avec ce qui nous entoure . Ma première approche abordait les paysages, à l’occasion de cette nouvelle exposition, je souhaite rendre hommage à l’immense diversité du règne animal.

Avec leur aide j ‘espère contribuer à réenchanter le monde.


CAYROU Patrick

Après des études d’architecte à l’école d’architecture de Versailles et une carrière professionnelle dans l’Aveyron, je consacre, depuis début 2018, une partie de ma retraite à la photographie. Depuis l’enfance je suis intéressé par le monde de l’art et plus particulièrement l’architecture, la peinture, la sculpture mais aussi par l’image. Une image qui fixe un évènement, un instant, le temps qui passe, le temps passé, une image qui incite à la contemplation, à la rêverie qui provoque une émotion, des interrogations. Mon but, comme certains peuvent l’évoquer, n’est pas d’établir une relation avec le monde mais seulement témoigner de mon univers proche et de pouvoir regarder tranquillement, parfois après un long oubli sans avoir peur que l’instant figé sur la photo ne s’évanouisse, une photographie qui devient avec le temps qui passe plus forte que le souvenir.

«Mais où vont les chemins de traverse»
Les chemins de traverse évoquent l’évasion, la découverte mais aussi l’inconnu. Ils serpentent à travers la campagne et nous invitent à la marche silencieuse et à la contemplation. Ces chemins sont des passages d’un monde à un autre, traversant des forêts, des grands espaces ou des collines escarpées. Parfois des tunnels sombres munis d’escalier sont empruntés pour relier ces deux mondes. La montée, une élévation vers un nouvel horizon, la descente, une plongée dans l’inconnu.


BOHEME Diabolo

Autodidacte, je me nourris d’un désir constant de création.

Après une carrière musicale, j’ai choisi en 2017 de me tourner vers la photographie et le graphisme. Peu à peu, j’ai élargi ma pratique : le son, la vidéo et l’installation sont venus s’ajouter naturellement, comme des prolongements de ce que je cherchais déjà dans l’image.

Je ne limite pas mon travail à un médium : j’aime explorer les croisements, les hybridations, les dialogues entre le visuel, le sonore et l’espace. Broderie, herbier, collages ou dispositifs immersifs nourrissent ma recherche et m’offrent toujours de nouvelles façons de transformer la matière.

Pour moi, rien n’est figé. Tout commence par une base — une image, une archive, un fragment sonore, un espace concret — que je déconstruis, détourne et réassemble. C’est un processus instinctif et intuitif où les formes évoluent, se métamorphosent, jusqu’à ouvrir de nouveaux récits.

Entre mémoire et invention, document et fiction, je cherche à donner une nouvelle vie aux fragments que je manipule. Mon travail est une exploration en perpétuelle transformation, où l’œil, l’oreille, le corps et l’imaginaire se rencontrent pour créer d’autres histoires possibles.


STROMBONI Jules

Les œuvres que Jules sculpte dans le bois sont sombres et profondes, organiques et radicales, charnelles et habitées. S’il ne veut pas construire trop de narration pour laisser entière la liberté d’interprétation et de sensibilité, il raconte quand même qu’elles sont « une réflexion sur l’espèce humaine qui brûle son propre biotope, et qui en a conscience ». Avec en suspens, une grande question : « pourquoi ? ». Voilà ce qu’expriment ses Consumés, une série d’hommes hurlants ou abattus et d’animaux percutés par la folie de la destruction humaine à l’ère anthropocène. Si Jules a été marqué par les cadavres de Pompéi, ses figures à lui sont bien vivantes. Regards profonds et corps en mouvement ; il fait battre le pouls des essences du bois. « Je voulais les rendre conscients ; qu’ils puissent constater ».

Né dans une famille d’artisans peintres, Jules est taillé dans le bois du dessin. Une enfance à baigner dans la peinture ; une adolescence à éduquer son regard devant le modèle vivant ; puis il intègre l’école des Gobelins pour apprendre l’animation. C’est là qu’il croise le chemin d’un professeur qui l’emmène vers la bande dessinée. Jules embrasse alors une carrière d’auteur et illustrateur, s’essayant à divers styles graphiques au fil des scénarios. Aujourd’hui, son travail du noir et blanc en bande dessinée fait le lien avec son œuvre sculpté. Ses dessins pour Construire un feu, l’illustration de la nouvelle de Jack London, par exemple, répondent aux Consumés en interrogeant les rapports de (sur)vie entre l’humanité, les animaux et la nature. Exposés côte à côte, ils les plantent dans un décor d’hiver hostile et sauvage.

Le jour où le dessin n’a plus suffi pour s’exprimer, Jules s’est réinventé dans les arts vivants, créant des spectacles qui l’ont fait voyager dans toute la France. « Dessiner en direct, sur scène, m’a apporté le partage qui manquait à l’acte seul de création ». Un dernier pas vers sa rencontre avec la sculpture, l’art de Michel-Ange, dont il rêve finalement depuis l’adolescence. « J’ai toujours su que j’irai vers la sculpture, et que je choisirai le bois, un matériau plus chaud que la pierre, moins bruyant aussi ».Au moment du covid, Jules marche en forêt, à la recherche de bois à sculpter et de beaux arbres morts. Quand la rencontre se fait, il dépose un mot à l’adresse des propriétaires, leur demandant le droit d’utiliser l’arbre. S’il reçoit une réponse, Jules récupère la matière et expérimente. Sa première œuvre, il la sculpte dans un fût de peuplier, et se sent tout de suite à sa place. « Je savais sculpter le bois. J’ai trouvé ce qui me manquait : le volume, la sensation de la vie qui naît. Quand on sculpte un corps, qu’on voit émerger une épaule, il y a quelque chose de charnel et puissant très différent du dessin ». Quelque chose d’originel aussi, un retour à la matière, à la nature, à un acte de création plus brut. Une fois ses figures émergées du bois, Jules travaille le feu. En les brûlant au chalumeau, il accepte la part de hasard qui arrondira une courbe, détachera un pan de bois, révèlera un morceau de tronc décomposé. En consumant le bois sculpté, celui qui réfléchit à ce qui a séparé l’homme de la nature trouve finalement un moyen de les rassembler.