
Du 23 mars au 17 avril 2026
Vernissage le samedi 22 mars à 18h

Philippe Lamy, né au Maroc, a passé ses années de formation au bord de l’océan Atlantique. Cet environnement riche, avec ses couleurs vives, ses senteurs et ses atmosphères singulières, a laissé en lui une empreinte indélébile. Il trouvait du plaisir à explorer la plage, des formations rocheuses complexes et de la vie aquatique au son rythmé des vagues, ainsi qu’aux contrastes enchanteurs entre les mondes sous-marin et terrestre. Par ailleurs, Lamy a été profondément marqué par le jardin foisonnant de son grand-père et par le marché animé de la médina de Casablanca, où il accompagnait son père. Le chaos silencieux, éclaboussé de peinture, de l’atelier de son frère a également contribué à façonner sa sensibilité artistique. Ces expériences diverses imprègnent encore aujourd’hui son travail, et il retourne souvent sur la plage pour raviver ces émotions chères à sa mémoire.
Lamy a suivi sa formation artistique à l’École des Beaux-Arts de Toulouse, où il s’est spécialisé en peinture. À l’issue de ses études, il a dû chercher un emploi complémentaire afin d’assurer sa subsistance. Il a ainsi commencé à enseigner dans diverses institutions, notamment à l’École des Beaux-Arts de Toulon et à l’École nationale supérieure d’architecture de Toulouse. Au fil des années, il a retiré une grande satisfaction de sa carrière d’enseignant, y acquérant des connaissances, des expériences précieuses et en nouant des relations humaines riches de sens.
Comme de nombreux artistes, Lamy a été confronté à la difficulté de concilier sa création personnelle avec ses responsabilités sociales et professionnelles. Sa carrière d’enseignant l’a contraint à répartir soigneusement son temps entre l’enseignement et la pratique artistique. Aujourd’hui à la retraite, il peut se consacrer pleinement à son art et se concentrer sur la diffusion de son œuvre.

« Pour moi la peinture est une expérience qui se situe dans la durée.
J’essaye de produire des tableaux qui rendent compte de cette durée, qui permettent au spectateur, à condition qu’il veuille en prendre le temps, d’entrer dans le tableau, de l’explorer et d’en parcourir les strates. »

« J’aimerais qu’un tableau produise le rythme nécessaire à sa contemplation : ce rythme est complexe, il induit d’abord un ralentissement, puis une respiration et ensuite un voyage qui peut prendre aussi bien la forme d’un survol géographique (une carte, un paysage) que d’une immersion (voyager, se frayer un chemin dans les couches). »

« La richesse de la peinture se situe pour moi dans la capacité qu’a un tableau à ne pas se révéler d’un seul coup, mais à encourager le regard à s’interroger sur lui même et à jouer avec ce qui s’offre à lui.
Au temps nécessaire à la « fabrication » du tableau (parfois des mois et plusieurs centaines de couches) répond le temps nécessaire à sa contemplation : une acceptation pour le spectateur de laisser son regard s’aventurer. »

« Il s’agit tout simplement de faire un tableau, faire une peinture, quelque chose qui se présente frontalement, dans une apparente et trompeuse immédiateté.
Le tableau existe dans un registre de l’apparition, dans un moment, un seuil très particulier, où une « présence » s’affirme avec force tout en manifestant sa fragilité : un seuil sur lequel il se tient et au-delà duquel il sombrerait.
Saisir ce seuil, cet instant fragile, à travers une multitude de couches, d’accidents, de repentirs, d’échecs, de décision et d’indécisions, c’est aussi aborder frontalement la question : « quand donc le tableau est-il fini ? » tout en sachant que le tableau, de toute façon n’est jamais fini, mais accepté, à ce stade précis où il devient lui « même » tout en ouvrant de nouvelles possibilités. »

« ENTRE-TEMPS : parce que pendant ce temps-là (pendant le temps d’élaboration du tableau) ont lieu d’autres choses d’autres événements et d’autres tableaux qui nourrissent le temps du tableau. D’autres tableaux sous d’autres rythmes.
Un temps feuilleté, polyphonique, stratifié, multiple : peindre c’est aussi donner de l’épaisseur au temps. »
– Philippe LAMY