EXPOSITION À VENIR

JC LEROUX

Du 24 octobre au 22 novembre 2026
Vernissage le samedi 24 octobre à 18h

Heu, heu…,
Vous dire que gamin je n’ai pas eu de maman et papa (plus tard non plus d’ailleurs). Vous vous en foutez, et vous avez raison.
Vous racontez que je suis totalement autodidacte (enfin presque). Ceci aussi vous vous en tapez le coquillard sur le fond d’un évier avec une patte de langouste.

Reste donc que je peint, je peint … comme vous, comme mon cousin (que je n’ais pas), comme mon voisin qui repeint sa piscine.
Ce genre de pratique m’a pris à l’ado (13, 14 ans), jusqu’à ce jour de quatre- vingt-troisième années, et plus même.
Je peint quoi ? Question rituelle qui m’est, des milliers de fois adressées, et, à laquelle je répond des milliers de fois « Heu… »

JC Leroux

Bêtement ado comme nous tous, vers 14, 15 ans, aucune passion franche (sport, asso, filles, délinquance etc., etc.). Rien de tout cela.
Unique pratique à l’époque : Le dessin (seule note valable dans mon cursus scolaire).
La peinture viendra à la même époque grâce à un vieil artiste réputé en son temps, qui toutes les semaines durant 3 ans, m’initiera à cette technique coloriste.
Vers 18 ans expose dans divers salons aux alentours de Paris, récoltant ici et là quelques prix et autres médailles.
24 ans, expose dans des galeries parisiennes.
27 ans, mariage, et par choix mutuel avec mon épouse, abandonne la pratique artistique. Suis vingt- cinq années suivante, l’actualité picturale, mais ne peint plus.
La cinquantaine, enfants autonomes, je reprends timidement les pinceaux. Suivent 5 années silencieuses de réapprentissages.
Puis en 1998, reprise d’expo en divers lieux compris le Japon et le Mexique.
Expose plusieurs fois à Puls’Art (Le Mans) ainsi qu’à MacParis (Paris).
De nombreux Prix, dont le premier prix de Saint Grégoire et le prix du Salon d’hiver de Lyon.
Travail plus de 10 ans avec une importante galerie d’Annecy, soit un élargissement de ma clientèle sur la Suisse, l’Allemagne et l’Italie.
Continue toujours d’exposer.

Les couleurs sont franches et les formes plutôt géométriques : de grands aplats rouges, jaunes, mauves. Si l’on en reste là, on est devant une peinture abstraite d’un coloriste qui cherche avant tout les harmonies.

Mais sur ces fonds interviennent des personnages ou des animaux, comme en apesanteur sur ces couleurs qui interdisent tout contexte trop précis. Les personnages peuvent être fixes et regarder droit dans les yeux le spectateur, pendant que d’autres se concentrent sur une action et ignorent qu’ils sont vus : l’un caresse (ou essaie de caresser) un cerf, un autre fait de ski, quelques petits vieux discutent sur un banc.

La peinture actuelle de JC Leroux est un savant mélange d’éléments disparates et qui, unis sur la toile, apportent néanmoins une harmonie qui saute aux yeux. Les personnages intriguent, le peintre ne veut pas nous en dire trop sur ce qu’ils font ou sur l’époque à laquelle ils appartiennent, mais l’ambiance colorée du fond supplée facilement à ces carences.

Car finalement peu importe d’où vient la scène et à quelle époque elle a eu lieu. Comme le dit le peintre, « aujourd’hui les chimpanzés regardent passer les MIG-3 comme hier les vaches regardaient passer les trains ». Les repères sont donc brouillés, et la confrontation entre une peinture inventée au XXè siècle avec des sujets ancestraux ne pose aucun problème. Seule demeure l’intention de l’artiste, la cohérence de l’ensemble.

– Jean-Luc Bassino, octobre 2018